Le Gravel, la randonneuse qui fait parler d’elle ! Première Edition du Gravel Tro Breizh sur un MR4

 

Depuis deux ans, je vois passer des posts sur le gravel. Gravel, késako ?? On dirait un vélo de cyclocross non ? !! Pour en savoir plus, je m’inscris sur des groupes de bikepacking, je farfouille pour trouver des évènements, un calendrier…hum, c’est pas encore bien organisé tout ça !!  Je vais découvrir sur le MR4 de 2-11 cycles que le gravel c’est la liberté.

 

Retour en arrière…..un vélo fait pour de l’ultra endurance et polyvalent, c’est pour moi ça qui vient des raids et ses formats très très longs où tu pars pour des dizaines d’heures en dormant 2h par nuit max. Forcément, je suis attirée. Je me lance avec Pascal sur la Baroudeuse en octobre 2017 où Cédric après sa réussite sur la French Divide veut faire partager sa passion et faire découvrir sa région  autour du Mercantour. Les dates me vont bien, c’est parti pour un WE découverte de 320 km et 8500 D+ ….en VTT. Dix sept inscrits et autant de vélos différents, quant aux cyclos, c’est pareil, quelle diversité et ça c’est bien ! Je suis un peu décontenancée par le comportement du vélo avec ses sacoches bikepacking, on n’est pas en rando mais en autonomie totale !! Je suis là pour découvrir et observer et les vrais baroudeurs ne portent pas de sac à dos. C’est noté ! L’expérience est une réussite avec des paysages superbes, des razzia dans les boulangeries rencontrées, des rencontres sympas et surtout la certitude que ce format me correspond.

 

De retour, c’est Frédéric qui à son tour propose une première édition  pour un tour de Bretagne assez ambitieux, la Gravel Tro Breizh, une balade de 1100 km pour environ 12000 D+ à réaliser en une semaine max. Wahhhhhh, j’hésite, la Baroudeuse va passer à un format  800/1000 km en juillet 2018 sur un tracé qui fait baver !! Finalement, avec Hervé on décide de s’inspirer de la moutain silk road au Kirghizistan pour nos vacances d’été et on laisse de côté la Baroudeuse. La Bretagne nous appelle avec Pascal, t’es sûr pour la météo…heu….allez on se lance !!  En deux heures les 75 places sont attribuées !! Quel succès, y ‘a plus qu’à pédaler cet hiver, compléter notre matériel et y aller en VTT !!

 

C’est là qu’apparait Jean Philippe qui a crée 2-11 cycles et sa randonneuse MR4 (modern randonneuse version 4) un gravel haut de gamme qu’il a l’idée de faire tester sur quatre évènements gravel en 2018 ( La Gravel Tro Breizh, la Born to Ride, la French divide et un partage des vélos sur la Malteni Gravel Bootleggers et la Transcontinentale Race). Un appel à candidature est lancé et chouette, je testerai un MR4. Enfin, je vais savoir ce que c’est qu’un gravel !

 

L’hiver est une catastrophe pour l’entrainement (que d’eau, que d’eau !!) mais ce sera pareil pour tout le monde. Du coup, je vais passer beaucoup d’heures en ski de rando à passer de longues heures à monter, à faire une belle trace à la descente en poudreuse et remonter encore !! C’est parfait pour les jambes et c’est bon pour le moral ces paysages ! Rouler pour rouler sous la pluie, j’en suis plus là mais je me suis fait quand même embarquer sur un BRM 200 km sous une météo exécrable, mes doigts s’en souviennent encore !!

Faut peaufiner le matériel et je m’équipe pour partir light : matelas autogonflant à trous, duvet light, duvet de survie respirant, mais quelle tente et faut-il une tente ? Je prendrai un réchaud, une cartouche et un mug titane de 20g et 450 ml. Pour le light, je suis pas mal ! Pour les fringues, j’attendrai le dernier moment pour voir la tendance météo de la semaine. Honnêtement, le matos c’est moins compliqué à préparer que sur les raids.

 

Début de printemps, j’enchaine les km avec un BRM 300 km et ça y est premier avril, c’est pas une blague, je vais récupérer le MR4. Waouh, la pression, Jean Philippe m’a fait confiance, un gravel cadre inox qui en jette, super équipé, monoplateau ovale avec la dynamo et en plus il y a déjà sur le vélo les sacoches de Helmut Equipement, originales, faites main….bref, que du travail d’artisan. Je partirai sans sac à dos, c’est dit ! Je suis bluffée par mon premier essai où je teste le vélo sur les pavés, dans la boue, et même un peu d’enduro au Mont Griffon…..incroyable, j’étais dubitative, me voilà conquise dès la prise en mains ! Est-ce bien raisonnable ??!!

Direction la Sardaigne mi avril pour accumuler les km et le plaisir! Rien à dire sur le vélo ou enfin si, il est réactif, joueur et le format en 650B est parfait pour moi. Je donne mes premières impressions à JP et je lui dis que son vélo il est fait pour partir sans plan de route et se faire plaisir. Il est ravi, c’est dans cet esprit qu’il l’a conçu.

 

Tout est trop beau…..faut bien que je me confronte à quelques galères !! Je suis novice en dynamo et convertisseur, je vais passer du temps à rien comprendre, pourquoi mon GPS veut s’éteindre dès que la vitesse est faible, y a une batterie tampon non !! Je demande même de l’aide à Rémi l’heureux élu pour les tests sur le MR4 en taille L. Mais, ça bip de partout, je m’énerve, je range le GPS dans une poche de côté…pfff….je le perds en forêt. Me voilà sans GPS et donc je peux plus continuer mes essais et le câble du support de sacoche avant qui casse. Houlala et si on rajoute la prise de tête avec les traces qui s’appellent fdsfdsf ou « à supprimer » alors qu’elles devraient s’appeler GTB 1 ou 2 ou….AU SECOURS…à 48h du départ, je reçois le câble du support avant, les traces sont données sur openrunner et sont OK, une personne a retrouvé mon GPS …si si tout s’éclaire mais faut vraiment que je me repose, suis un peu sur les nerfs et je regrette presque un bon gros raid avec ses cartes papiers pour l’orientation !!

 

A partir de ce moment, c’est le meilleur qui nous attend avec Pascal. L’accueil, le briefing, une météo hyper favorable pour la semaine, la rencontre des participants et des trois autres féminines (quand même !!) tout s’enchaine et enfin c’est le départ libérateur le dimanche 6 mai à 8h. Ca part vite mais  no stress, on est étonné du profil très roulant des 80 premiers km le long du canal. Bon au bout d’une heure, le pneu de Pascal est dégonflé…t’es pas en tubeless,, !!...gloups !! On essaie de regonfler pour voir car Pascal a mis du liquide dans sa chambre, ben non, faut changer, Ok mais Pascal force avec la pompe et crac la valve, faut rechanger. Alors le bilan, c’est qu’il est parti avec deux chambres et qu’il nous reste 1030 km avec juste une chambre crevée, mouais……Bon, presque tout le monde est passé mais c’est reparti et j’en ai profité pour dire à Béatrice qu’on avançait plus vite que prévu et que notre rencontre à Dinan se ferait vers 12h. Trop forte Béa, elle est déjà là avec une bonne salade de riz maison, du pain et bananes, quelques échanges et c’est déjà reparti ! La suite est plus vallonnée et on a le droit à un super accueil au CP1 où presque tout le monde est passé. Frédéric nous avait prévenu pour l’après midi et un passage disons bien boueux. On essaie de contourner un peu, on revient dans la trace, bref, on marche comme tout le monde !! Un arrêt épicerie et boulangerie à Lamballe et on rempart avec les deux féminines qui roulent ensemble avec leurs amis. On cherche de quoi manger près de Saint Brieuc, on nous indique Le Légué pour trouver de quoi nous restaurer. Il reste du beauf bourguignon, parfait !! On engloutit tout et même le reste de pain que vient de laisser un participant. Ben oui, on a faim !! On repart, je dis à Pascal que j’ai repéré une chapelle pas trop loin, ce sera calme, bien entretenu et mieux qu’un champ !! Oups, on l’a passé la chapelle, du coup on avance vers la prochaine (oui, je sais c’est une tactique pour faire avancer Pascal le plus possible le soir mais je ne vais pas pouvoir le refaire chaque soir ;-). On croise un habitant dans un village qui nous invite à dormir dans son jardin. Yess ! On est près de Binic et on a fait environ 205 km.

 

On n’est pas parti pour faire une performance mais seulement et déjà finir cette boucle dans de bonnes conditions donc ce sera cool pour les horaires. Bref, on démarre vers 7h15, on alterne pistes et petites routes quand tout à coup….CRAC, j’ai l’impression que le dérailleur vient de tomber, non, c’est juste le support de la sacoche arrière qui a lâché (vis coupée nette au moment de passer dans un trou). Et là, en 20 min, on voit plus d’une dizaine de participants passer et voir Pascal à la manœuvre !! Il sort un outil, waouhhhh, the big pince nécessaire pour resserrer les rilsans. On ajoute des tendeurs et une ficelle !! Mais j’allège la sacoche et je suis dépitée, j’ai amené un petit sac avec ficelles pour mettre les courses, je vais le porter jusqu’à la fin !! (mais j’ai bien fait attention de le prendre de la même couleur que les sacoches!! Prémonitoire ?). Avec Pascal, on n’est pas du genre énervé donc ça se passe bien et on repart sans trop laisser d’énergie. Il va s’avérer qu’on est très complémentaire mais ça on le savait déjà avec la Baroudeuse. Il y a une répartition des tâches comment dirais je…un peu stéréotypée, Pascal à la mécanique et moi à la dinette !! Promis, la prochaine fois, moi aussi j’ai une pince et Pascal me préparera mon chocolat le matin ;-)

 

le fameux MR4

 

C’est une journée où l’on voit la mer et de nombreux participants avec lesquels on peut échanger de façon brève. Ahhh, la mer, une photo par ci, une par là mais on ne peut pas s’arrêter aussi souvent que je le voudrai. La côte de granite rose, Locquirec approche…un camping, chouette de l’eau et des toilettes. Et on repart avec Luc, Cyrus, Yvan, Fred….chacun son rythme dans les montées mais on est globalement ensemble jusqu’à Morlaix. Première féminine qu’il me dit Frédéric, ah bon !! Direction Morlaix où on fait les courses pour le lendemain car on devrait passer Huelgoat avant l’ouverture des commerces. On mange, on boit, on mange …enfin c’est surtout moi qui boit….L’idée c’est de faire le plus de km sur la voie verte pour dormir avant Huelgoat. Bam, on met du braquet et c’est parti mais Pascal a un coup de moins bien, il a beaucoup moins bu que moi, il ne refera plus cette erreur par la suite !! On s’arrête finalement à la gare de Scrigniac où de nombreux participants sont installés. Parfait, on va pouvoir papoter un peu.

 

Effectivement, après la voie verte, c’est bien vallonné, on tourne un peu dans l’usine et on arrive le long des canaux sur Huelgoat, c’est vraiment joli. Direction Menez Mickel, Frédéric a réussi à être là ! Sympa et en plus le temps se lève, je ne savais pas que ça pouvait ressembler à ça la Bretagne avec des landes à partes de vue ! Ensuite c’est une succession de montées et de descentes...t’as beau prendre de l’élan, le poids des vélos fait que tu ne vas pas si loin dans les montées ;-). On s’arrête tous à la boulangerie encore ouverte en fin de matinée ce 8 mai, il est temps de sortir mon objet inutile…une bougie que je souffle avec Pascal et Hervé. Encore un anniversaire original, en tout cas meilleur que celui de l’an dernier avec le bras en écharpe! Nous voilà partis vers Crozon, le bout du monde de la Bretagne ! Il fait beau, y a pas mal de touristes un peu amusés de nous voir en vélo assez chargés. A Crozon, on se fait une crêperie et on avance sur la voie verte pour aller au pied du Menez Hom. Ce sera pour demain !! Dodo le long d’une église, on est bien.

 

Finalement, ça monte tranquillement au Menez Hom et là encore Frédéric ! La lumière est magnifique. On file, une longue journée nous attend. C’est roulant qu’il nous a dit, tu parles, montée, descente, montée….bon. On s’arrête tôt mais on recharge bien les batteries et on repart alors qu’arrivent Yvan et Fred, c’est un plaisir de se mettre derrière Yvan, on est sur une portion ludique, il est fluide en orientation et il est fluide sur le vélo !! Le rythme est soutenu, on s’accroche et c’est Fred qui doit s’arrêter un peu pour reprendre des forces. On continue et on reprend notre rythme. Le vent est bien présent, pas très favorable, on traverse les dunes et nous voilà au phare d’Eckmühl où Frédéric et Laurent nous attendent avec de quoi se restaurer. Miam miam JFin d’après midi, on voit Fred et Yvan arriver. On a l’objectif d’arriver après Concarneau et on poussera même jusqu’ à Riec.

 

Les deux plus belles journées en terme de tracé nous attendent. Un passage au phare de Döelan puis un casse croute à Fort bloqué  avant d’attaquer les singles en forêt de Lorient. Avec le MR4, c’est un vrai plaisir même si le vélo est chargé. Magnifique !! On remonte sur Plouay, on est jeudi de l’ascension et tout est fermé !! Heureusement, une boulangerie ouvre et on va se charger de kouign amann pour le petit déjeuner. On va jusqu’à Colpo, on est content, on a bien avancé et on sent que demain sera la dernière journée. Cette nuit je vais avoir froid, du coup on est motivé à ne pas refaire une nuit supplémentaire et on part à 6h. Au bout de 10 min, il faut faire un détour (c’est pas grave) par un champ avec des herbes hautes (pieds trempés pour quelques heures grrrrr !!). On est rejoint à Malestroit par les copains habituels !! Longue pause, il reste 127 km. Ca va le faire pour ce soir !! Et le long du canal, alors qu’on finit de manger, Rita passe avec deux gars. Pfffff….je savais que ça allait revenir mais tout de même ! On repart, en sachant qu’ils n’ont pas mangé….on rentre dans la forêt de Brocéliande et ses singles, j’adooorre !! une fois encore Yvan nous rejoint et j’essaie de suivre mais Pascal finit en contre bas la tête la première, ouf, il n’y a que des feuilles et pas de caillou mal placé. Sur la fin de la traversée de Brocéliande on est rejoint par Rita. Les petites routes s’enchainent, je ne lâcherai pas !! Et même, dans une montée, on s’éloigne avec Pascal, on prend de l’avance et hors de question de s’arrêter à Plélan. On enchaine, Rennes est visible au loin et le long du canal c’est Pascal qui m’emmène vers une première place féminine un peu inattendue. C’est l’entrée de Rennes, le relâchement et le corps qui font ressortir des douleurs jusque là inexistantes. La fin devient même difficile physiquement pour moi car dans la tête, c’est fini. On l’a fait et de quelle manière, tout en décontraction (mais c’est ça le gravel, non !!). 132h 12h et 5 min. Paul le vainqueur est déjà reparti depuis bien longtemps (il a mis 84h et 45 min !!) mais Rémi est encore là et lui aussi a pu profiter du rendement et du confort du MR4 en finissant 5ème avec Alain. C’est sympa, ils ont acheté de quoi manger pour un apéro dinatoire reconstituant.

 

Pour moi, c’est certainement une de mes dernières pirouettes mais la porte de la GTB n’est pas encore refermée que mon regard se porte déjà vers des esquisses encore floues de nouveaux défis. Il faudra les trier, les laisser décanter pour une nouvelle fois partir à l’aventure et vous rencontrer.

Merci à Pascal sans qui je ne serai pas partie, à Frédéric Bernard pour nous avoir tracé un parcours varié, et avoir été présent pour tous, à Jean Philippe Ferreira pour avoir créé un vélo polyvalent très tendance et me l’avoir confié. Ce fut  une découverte ce MR4, je suis déjà en manque !!

 

 

 

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Christine Lamouche , Mai 2018.


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