Gravel Tro Breizh : l'équipement

 


La Bretagne, ce « pays » qui me parait si lointain, mais si proche, si accessible. Cette région que je connais si peu, mais dont certaines légendes, quelques mythes et mystères sont bien ancrés dans les forêts de Huelgoat ou Brocéliande. Sylves séculaires gardées par les Korrigans qui veillent sur de superbes chênes et chaos de rochers, déjà vieux à la naissance de ces légendes. Au coeur des forêts, nous reviennent ces histoires fantastiques, on espère y croiser Merlin ou les fées Morgane et Viviane, ou juste un druide, et pourquoi pas quelques lutins. Ces êtres féériques finiront par apparaître, de nuit, lorsque les premiers « sleepmonsters », bien connus des raiders et ultracylistes, apparaîtront, ravivés par le manque de sommeil. Dans la pénombre de la forêt, des troncs, des souches, prendront des formes humaines ou d'animaux hybrides, que l'imagination fera deviner dans la végétation, animée par les vents.


Il faudra rester sur la trace de cette Gravel Tro Breizh pour avancer, boucler la boucle, mais même si le parcours bifurque vers des incontournables, comme les alignement de Carnac, quelques dolmens imposants et falaises sauvages. Cette plongée sportive et rude au coeur de la Bretagne, invite à y retourner. Y retourner pour découvrir encore plus sur ces lieux magiques, pour fouler la terre des légendes, voir le tombeau de Merlin, la fontaine de jouvence ou d'autres mégalithes mystérieux.


Mais si l'ambiance de légendes m'attirait, j'avoue avoir été un peu freiné par la météo bretonne, réputée capricieuse. Mais j'ai converti cette appréhension de la pluviométrie par la volonté de sortir de ma zone de confort et de varier les plaisirs, goûter à la pluie froide, qui tombe quasi à l'horizontale, rouler dans le crachin, le brouillard épais, dans les nuages qui s'accrochent sur les menez, rouler sur le littoral sauvage, déchiré et coloré, battus par les vents et rouler incliné, vent travers.
Bref, l'aventure ne sera t'elle pas plus belle si elle est difficile ?
Après la canicule traversée lors de la French Divide, allons claquer des dents et affronter les éléments en pays breizhek.

Je ne vous ferai pas un récit détaillé de cette belle excursion car il en existe de nombreux et de très bien écrits (rires assurés) sur les pages Fb de la Gravel Tro Breizh ou Erminig Cycling Club, où vous serez embarqués dans de sacrées virées, sous forme de contes, carnet de voyage et souvent humoristiques, comme le compte-rendu de Camille Defer qui est un régal à lire.


Je préfère vous faire un petit retour sur le matériel que j'ai pu tester, comme les pneus Schwalbe G-One, les cocottes Gevenalle, la frontale Stoots Kiska 2 et la selle SQlab 612 Ergowave Active.

Gravel Tro Breizh



Nota: Ces équipements ont été testés sur plusieurs mois, plusieurs milliers de kilomètres, dans des conditions parfois difficiles, et non pas sur une sortie de quelques dizaines de kilomètres par conditions idéales. Il s'agit bien d'essais et non de présentations d'équipements. Certes, vous constaterez que les avis sont plutôt positifs mais c'est ce qu'il ressort des essais. Ensuite, je ne vous cache pas que je serai équipé par Schwalbe Tires pour ma saison 2021 et que je suis depuis peu partenaire technique Stoots Concept. Donc pour éviter toute remarque désobligeante de non neutralité, je répondrai que j'ai moi-même démarché ces marques suite à des tests personnels et que, conquis par la qualité des produits, j'ai tenté de décrocher ces partenariats. Les essais sont donc des observations faites en amont de la conclusion de ces partenariats. CQFD


Pneus Schwalbe G-One Bite et Ultra Bite :


Ces pneus typés gravel offrent la possibilité d'une section large, en 50, soit une correspondance VTT avec des sections de 1.85 à 2.0 selon les marques. Ce choix de largeur de section a été fait pour avoir des pneus confortables et avec du grip. En effet, se lancer sur la Gravel Tro Breizh n'est pas chose à faire à la légère et le choix du matériel doit être un peu réfléchi. En lisant les récits de l'édition précédente, j'ai pu constater que la trace était assez typée VTT. Il fallait donc des pneus conséquents et je m'oriente donc vers un montage typé Monster Cross. Schwalbe offre cette possibilité avec des pneus en 50 qui présentent plusieurs profils, avec l'avantage de pouvoir les mixer pour des montages différenciés.
Le vélo Otso Waheela se voit donc chaussé d'un G-One Ultra Bite à l'avant et d'un Bite à l'arrière en section de 50, lui conférant un look bien sympathique. J'ai choisi les versions Super Ground, une version à la gomme un peu plus dure qui permet au pneu une usure moindre au fil des kilomètres et qui a également une protection aux crevaisons légèrement plus performante. Cela s'avèrera efficace puisque je n'ai pas subi de crevaison au cours de la Gravel Tro Breizh, ni depuis d'ailleurs puisque ces pneus approchent désormais les 2200 km en usage off road.
Ces pneus en diamètre 700 (28 '') ont été montés sans problème particulier sur mes roues en 29'', en version tubuless (technologie TLE), avec le liquide préventif Schwalbe Doc Blue (produit par Stan's No Tubes) à raison de 60 ml par pneu.

Le choix de l'ultra Bite à l'avant a été évident. Son profil aux crampons espacés, avec des pavés extérieurs plus prononcés, permettent à sa vue, de deviner un pneu accrocheur. En effet, il s'est révélé rassurant sur la très grande (et très belle) variété de revêtements, pistes et sentiers de la Gravel Tro Breizh. Quelque soient les terrains et la météo, il n'a pas failli, ou peut être une seule fois, sous pluie battante et terrain détrempé, mes 2 roues se sont dérobées sur une trace de terre boueuse, en virage dans une prairie. Mais vu l'état du terrain, ma vitesse, mon inclinaison et mon excès de confiance, je pense que tout pneu aurait décroché. Mais si j'ai glissé latéralement des 2 roues sur 20 cm, je n'ai pas chuté et les pneus ont fini par raccrocher après s'être dérobés.
J'ai apprécié le bon débourrage et la précision, sur des portions techniques, pierreuses, glissantes, où le placement et le grip étaient nécessaires. Ensuite, la section de 50 m'a apporté beaucoup de confort, paramètre indispensable pour de longues journées de vélo à répétition.
Dernier point, le pneu s'est avéré silencieux, adapté aux portions bitumées, il garde de très bonnes qualités de rouleur malgré son profil grâce à une bande centrale très bien conçue.

A l'arrière, le modèle Bite, avec des crampons moins prononcés et moins espacés, a un caractère plus rouleur. Plus polyvalent, parfait à l'avant comme à l'arrière en conditions plus estivales, pour des parcours à prédominance tout-terrain. Son petit frère, le G-One
Allround est plus destiné aux parcours gravel rapides à prédominance route ou belles pistes.
Le Schwalbe G-One Bite est un pneu roulant mais avec une accroche supplémentaire, caractère important pour qui s'aventure sur une GTB où la météo peu jouer des tours. Pour pouvoir tester les 2 pneus, je fais le choix d'une monte différenciée, en espérant que le grip du Bite soit suffisant en terre Bretonne.
Plus rouleur, le G-One Bite n'a pas connu de faiblesse. Gonflé à 2 bar, comme à l'avant, l'accroche n'a jamais été pris en défaut. Sa section permet un confort appréciable sur longue distance mais un grip conséquent avec cette pression moyenne, lui permettant une bonne déformation et une surface de contact généreuse.

En conclusion, un montage convaincant, efficace pour courir une épreuve ultra du type de la Gravel Tro Breizh. Il rassemble toutes les qualités souhaitées comme le grip, la fiabilité et le confort. Une monte de pneu différenciée que je pense souvent renouveler sur les défis et entraînements à venir. Je pense que ces pneus, surtout le modèle Bite, est un parfait compromis pour le gravel, se révélant performant sur route comme en tout terrain, à condition de trouver la bonne pression en fonction du modèle et du PTR (poids total roulant). Le modèle Ultra Bite, parfait pour une monte à l'avant, pour qui recherche une sécurité en virage et une accroche supplémentaire sur terrains difficiles.

https://www.schwalbe.com/fr/gravel








Lampe frontale Kiska 2 :

stoots lampe



La quête du parfait combo pour l'ultra à vélo a été longue. Malgré une certaine et longue expérience en raid aventure, je me suis penché à nouveau sur l'éclairage en pratique vélo. Les spécificités se sont révélées un peu différentes qu'en raid. Après une première French Divide avec un éclairage à batterie, très performant, mais pénalisant par l'autonomie quand vous roulez toutes les nuits, je me suis converti au moyeu dynamo et j'ai adopté le système sans doute le plus performant à ce jour qui est l'ensemble k-Lite, fabriqué artisanalement en Australie par un génial bikepacker. Mais cela n'est pas suffisant, il me fallait un lampe d'appoint, et cela pour divers usages. Sur une course aventure à vélo, il y a des sections ou vous pédalez à faible vitesse, lors des ascensions de cols, des tronçons où vous marchez, vous portez, où le faisceau de votre lampe sur le guidon n'est pas suffisant, à faible vitesse, sur des passages étroits, techniques, sinueux, où encore, lorsque vous cherchez, à pied, un endroit idéal pour poser votre duvet, un éclairage pour tout remballer, à 4 heures du mat' lorsque vous repartez... Après des essais peu convaincants lors de la French Divide 2019 ou l'Atlas Mountain race, j'ai testé sur la French 2020 et sur la Gravel Tro Breizh, la lampe frontale Kiska 2 de chez Stoots Concept.
J'ai d'abord été séduit sur le papier par cette lampe, légère, présentant de bonnes spécificités techniques et surtout, par le fait d'être fabriqué en France, contrairement à d'autres lampes se prétendant Made In France mais étant en réalité, juste un assemblage de chinoiseries.
Commande faite, je reçois le paquet peu avant la French Divide. Ma commande se composait d'un ensemble lampe, comprenant une sympathique pochette zippée en néoprène, une lampe de 1000 lumens max, un support en aluminium usiné et ses anneaux de fixation en silicone, un bandeau de tête, un chargeur et une batterie de 12 Wh livrée dans un étui en néoprène. J'ai également commandé (et je vous le conseille), une batterie supplémentaire pour doubler l'autonomie et assurer la continuité pendant la charge de la première batterie, un chargeur supplémentaire (qui reste à demeure au domicile alors que le premier est dans le sachet « câbles » dans le package bikepacking) et un autre support alu qui prendra place sur le bandeau, pour éviter d'avoir à démonter celui du casque.
Cet éclairage étant destiné à un usage d'appoint, la lampe prend place sur le casque. La fixation du support est simple et la fixation de la lampe sur le support est encore plus simple. Il suffit de cliper la batterie de la lampe sur le support. Le maintien est parfait et il est possible de modifier extrêmement facilement le faisceau en site, la modification de l'azimut se faisant tout simplement en tournant la tête (lol).




La batterie se fixe très facilement et très vite. Cela est vraiment appréciable. Pas de capot à ouvrir, pas de polarité à vérifier, cette opération peut se faire dans le noir complet. Remettre la lampe sur le casque est également possible sans ôter le casque.
J'ai parfois eu un peu de mal à ôter la batterie. Ce n'est pas forcément facile avec des mains mouillées ou un peu engourdies. Et pourquoi pas une petitebague alu, à fixer sur l'extrémité de la batterie, pour faciliter le retrait avec les mains mouillées.

La mise en marche s'effectue par un bouton sur le côté, en face avant. Auparavant, un clignotement de diodes vous indiquera, lorsque vous aurez mis la batterie en place, que la lampe est prête à fonctionner. Bien sûr, si vous êtes droitier, placez le bouton de mise en marche côté droit lorsque vous installez la lampe sur son support pour une manipulation plus aisée.
Une fois en place sur le casque, on apprécie la légèreté de l'ensemble soit 73 g (avec la batterie de 46g) + support aluminium de 6 g). Il vous suffira d'ajuster le réglage occipital du casque si celui ci a tendance à glisser sur l'avant. A titre perso, comme la lampe se met très facilement et très rapidement, je la conserve, de jour, dans une pochette de cadre à l'accès facile, pour ne garder à demeure, que le support.

La mise en route de la lumière est facile, même avec des gants. La lampe Kiska 2 permet 5 modes d'éclairages et un mode Survie (5 lumens). Il suffit d'appuyer sur le bouton de mise en marche pour changer de mode crescendo. Les autonomies varient selon la puissance engagée (voir tableau). La KISKA 2 est dotée de 2 leds larges de 5000 K de 200 lumens/W et d'une led étroite 5000 K de 180 lumens/W.  Le rendement global est d'environ 240 lumens/W à 200 lumens.





Stoots


Lorsque vous clipez la batterie, un auto-test s'effectue et un LED rouge clignote. La lampe émet un nomrre de flash rouges correspondant au niveau de charge : 4 flashs = batterie chargée à 100%, 3 flashs = 75%, 2 flashs = 50%, 1 flash = 25%, clignotement = 0%.

La lampe revendique une étanchéité de classe IP68, soit 1 heure d'immersion à 5 m. Je n'ai pas immergé la lampe car là n'est pas sa destination, mais elle a été abondamment arrosée lors de la Gravel Tro Breizh, avec des pluies torrentielles et vents vraiment forts, à ne pas mettre un vélo dehors, et elle n'a pas bronché.

Nous espérons un support polyvalent pour fixation cintre, comme par exemple un slot GoPro et l'amélioration du chargeur, pour une précision optimisée est en cours. Je teste également une fixation perso avec velcro plastique 3M pour une souplesse d'emploi et changement de casque par exemple, encore plus rapide. Peut être verrons nous l'option apparaître au catalogue. Et pourquoi pas une petite vague ale, à fixer sur l'extrémité de la batterie, pour faciliter le retrait avec les mains mouillées.

Pour résumer, voilà une lampe terriblement efficace, fiable, légère et de fabrication française, qui peut remplir le rôle de lampe vélo principale ou d'appoint. Un modèle typé vélo, la Opalo VTT sera bientôt disponible sur le site, avec 2 LED et un faisceau et une programmation revue pour le vélo tout-terrain. Un premier test de cette nouvelle version dans la gamme Stoots est en cours et le compte-rendu sera édité au plus tôt, je vais faire au mieux en fonction des contraintes sanitaires actuelles.

https://www.stootsconcept.fr/




Selle SQlab 612 Ergowave Active :


SQLLAB 612


Sujet délicat que celui du choix de la selle pour rouler sur de longues distances, pour de longues heures de vélo. Après une French Divide où j'ai souffert du séant durant les 3 derniers jours, je me suis remis en quête d'une selle qui me permettrait de rouler plus longtemps avec moins de douleurs.
J'ai contacté la société allemande SQlab, spécialisée dans les solution ergonomiques pour le vélo, pour essayer une de leur selle qui présentait, sur le papier, des arguments intéressants.
Leur selle 612 Ergowave Active propose plusieurs largeurs de croissants, afin de s'adapter au mieux à votre morphologie. Il suffit pour votre choix, de mesurer votre intervalle entre vos ischions. La largeur se mesure en vous essayant sur un carton alvéolé par exemple, et suivre ensuite les recommandations sur le site SQlab.
La selle 612, comme la majorité des selles SQlab, a une forme ondulée, d'où le suffixe « wave ». Le principe est que vos ischions sont installés sur le croissant de selle, légèrement surélevé, qui donne l'impression que votre périnée est « suspendu », pour ainsi, réduire fortement la pression sur ce dernier. SQlab avance que les pression sur les ischions sont plus facilement érable que des pressions sur le périnée et qu'il faut un temps d'adaptation à cette selle.
En effet, il m'a fallu plusieurs sorties pour m'adapter, mais les heures de sorties ont « tanné » différemment mon anatomie, en soulageant énormément mon périnée.
L'autre avantage de la selle 612 est le fait que ces courbes latérales, se resserrent rapidement vers l'avant du croissant, limitant les frictions latérales sur l'extérieur du périnée (
Ensuite, le terme Active concerne les élastomères sous le croissant de selle, où viennent se ficher les rails de selle. Ces élastomères sont de plusieurs densités (soft, médium, hard), au choix en fonction de votre poids. Ces élastomères ont 2 avantages, c'est d'une part de digérer un peu certaines vibrations et augmenter ainsi votre confort en écrêtant les chocs vers votre colonne vertébrale, et ensuite et surtout, de permettre à la selle une certaine liberté en roulis, et ces inclinaisons permettent à la selle de « vivre » sous votre appui fessier, sans s'opposer fermement aux oscillations de votre bassin, limitant ainsi les frottements en limitant la fatigue.
La finesse de la selle, son mouvement de roulis limité, permettent donc un confort accru sur les longues distances, surtout, si comme moi, vous avez de petits soucis d 'alignement de bassin ou de jambe légèrement plus longue, plus courte, plus musclée....



selle de velo



Côté poids, la selle 612 Ergowave Active reste dans la moyenne avec 211 g. Il existe un modèle plus léger, avec rails carbone, pour 183 g. Les rails en S-Tube, laissent planer le doute sur la réelle composition des tubes de soutien, certes pas en titane.
La longueur de la selle, de 275 mm, permet un bon contrôle en VTT sur les terrains techniques.
Le look de la selle reste sportif, le rembourrage est peu épais mais efficace et garde un bel aspect, sans s'affaisser. Le centre de la selle, zone périnéale, n'est pas perforé mais en bas relief, suffisant pour éviter de compresser l'appui périnéal et accentuant l'effet « wave ».

Après une année de test, 2 grands brevets comme la French Divide et la Gravel Tro Breizh, environ 10000 km, la selle a gardé un très bel aspect. Le revêtement ne s'est pas usé, seule l'anodisation noire des rails s'est un peu élimée suite à quelques montages démontages successifs.

Bref, un bel objet, réellement bien pensé, loin d'un gadget, avec de réels arguments ergonomiques. Cette selle est devenue ma selle pour courir les ultra distances car elle m'a vraiment diminué les échauffements et a augmenté le plaisir à rouler longtemps. Une belle découverte et un grand merci à SQlab de m'avoir permis d'essayer cette selle, désormais adoptée.

https://www.sq-lab.com/


Système Gevenalle :


gevenalle01.jpg



En prévision de sorties en ultra de type Silk Road Mountain Race, je souhaitais tester une transmission rustique, facilement réparable et le plus compliqué, compatible avec une transmission VTT en conservant une cassette 10-50, vraiment intéressante en milieu montagnard avec un vélo chargé et des efforts de longue durée. Mais pour adapter une cassette et dérailleur VTT avec des drop bars (cintre route ou gravel), et bien les solutions sont très rares. Seul le système SRAM AXS, sans fil, permet ce type de panachage, mais je souhaite une transmission plus simple.
J'ai donc testé la solution Gevenalle, petite entreprise de Portland (Oregon), spécialisée dans le cyclocross, mais qui cogite des cocottes compatibles avec des dérailleurs VTT SRAM et Shimano.
Le principe est simple, les manettes ressemblent aux systèmes que ceux qui pratiquent le VTT depuis 30 ans ont connu, comme les Shimano DX ou leviers Suntour. Les avantages sont d'avoir une transmission simple et actionner un dérailleur VTT avec une cassette à large plage.
J'ai choisi un système compatible avec un dérailleur à câble SRAM XX1 Eagle, transmission mono-plateau, ainsi que des leviers à tirage court pour actionner des freins à disques à câble également. Tout comme la transmission, il m'a paru également nécessaire de rechercher un freinage simple, facilement réglable et réparable. En ce sens, les leviers actionneront des étriers TRP Spyre, à système mécanique qui ont la particularité d'avoir les 2 pistons mobiles, ce qui est rarement le cas sur la plupart des freins de ce type. Au cours des essais puis de la Gravel Tro Breizh, sur des terrains et météo variés, les freins se sont révélés efficaces et les leviers confortables. J'avais changé les plaquettes TRP d'origine, réputées peu efficaces en conditions humides, pour des plaquettes Carbone Lorraine (CL Brakes), made in France, avec couche céramique, pour plus d'efficacité par conditions pluvieuses. Les gaines de câble doivent être choisies avec soin. Ne pas hésiter à prendre des gaines haut de gamme et très rigides pour profiter pleinement des qualités de freinage.

gevenalle01.jpg


Revenons à nos cocottes, qui une fois montées, donnent un look vintage, voir roots au vélo. Montées sur le cadre carbone Otso Waheela, elles tranchent avec l'allure racée et moderne de ce vélo. Je prépare désormais un autre montage avec cette trans', mais sur un vélo acier.
 Le passage « aérien » du câble ne gêne pas pour l'installation de sacoches sur le guidon. Le câble passe dans une gaine complète, non stop, jusqu'au dérailleur, le cadre Otso le permet, pour une très bonne continuité et protection du câble vis à vis des intempéries ou impuretés qui ne pourront pas polluer la transmission.
Le réglage se fait par tension du câble, ne pas hésiter à installer une molette de tension à la sortie câble de la cocotte ou sur la gaine pour un réglage plus aisé, qui sera également possible en roulant, au cas où...
Le confort et le grip du caoutchouc sur les cocottes sont satisfaisants, sans être exceptionnels.
Les passages de vitesses s'effectuent sans forcer. Il faut un temps d'adaptation pour s'habituer à cette molette. Je la monte au moins 2 semaines avant la GTB pour m'y accoutumer. En préparation et durant la GTB, je n'ai jamais eu de réglages à reprendre.
Lors de l'ultra, j'ai fait quelques petites erreurs, par manque de lucidité, tournant la molette, parfois, dans le mauvais sens pour passer les vitesses, mais le rattrapage est rapide. Il est possible de passer rapidement de la plus petite vitesse à la plus grande, pratiquement d'une traite.
Comme disent les « Goats », l'équipe de Portland: « notre concept n'est pas super beau, mais il a été conçu avant tout pour être super efficace ». Et c'est bien le but recherché, l'efficacité et la simplicité d'un ensemble 12 vitesses typé montagne et de freins mécaniques, destiné au voyage et aux ultras lointains.

Plus de soucis de pression hydraulique, de bluetooth, de pannes diverses, d'autonomie... Même je suis ravi de ma transmission Sram AXS et qu'elle ne m'a jamais posé de soucis, je reste tout de même un peu réfractaire à partir équipé ainsi au bout du monde, sur une course où je ne croiserai jamais un vélociste connaissant le système ou pouvant me fournir la pièce défectueuse. Là, il suffit d'emmener 2 câbles (frein et dérailleur) et presque plus rien ne peut vous arriver.
Conquis par ce système, un nouveau montage d'un vélo acier, sur base d'un salsa Fargo, sera entrepris en début d'année 2021, une composition « full cable », avec freins Spyre SLC, pour une utilisation journalière et voyages.

https://www.gevenalle.com/

A préciser que ce système existe aussi pour des freins hydrauliques, et pour une large panoplie de dérailleurs de 10 à 12 vi.
En France via withspirit.fr





 


Endorphinmag Novembre 2020


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